Rennes : pas de gilets jaunes dans le centre-ville ?

Après les désordres survenus samedi dernier, la préfecture de Bretagne a pris des mesures drastiques pour éloigner les manifestants du cœur historique de Rennes.

En Bretagne, comme ailleurs en France, l’acte XI des gilets jaunes se prépare à grands coups de posts diffusés sur les réseaux sociaux. Ce mode d’organisation, virtuel et dispersé, souvent ponctué d’annonces contradictoires, complique grandement la tâche des autorités bien en peine d’anticiper à la fois l’ampleur et le cheminement de la future manifestation.

Quel périmètre ?

Afin d’éviter la réitération des désordres survenus samedi dernier en marge du défilé de gilets jaunes qui n’avait pas été décéléré au préalable en préfecture, la représentante de l’Etat en Ille-et-Vilaine Michèle Kirry a, dans l’hypothèse où un nouveau rassemblement de dimension régionale devait se tenir samedi après-midi (26 janvier), pris un arrêté déroulant une série de mesures préventives : l’une d’elle va consister à déployer un cordon de sécurité autour du centre-ville afin d’en barrer l’accès aux manifestants. Le périmètre défini par l’administration est circonscrit, à l’ouest, par le square de La Motte, les rues Gambetta et Général Maurice-Guillaudot, au nord par les rues de l’Hôtel-Dieu et Legravend, à l’ouest par le canal d’Ille et de la Rance (longé par les boulevard de Chézy et la quai Saint-Cast), au sud par les trois quais Duguay-Trouin, Lamartine et Chateaubriand. En théorie, le cortège n’aura pas le droit de déambuler à l’intérieur de cette zone, interdiction qui entrera en vigueur dès 10 heures du matin jusqu’à minuit (pour info, la même mesure avait été appliquée samedi dernier à Angers, ce qui n’avait pas empêché les gilets de jaunes de s’infiltrer jusque dans l’hyper-centre).

Les commerçants tirent la langue

Dans son communiqué, la préfète Michèle Kirry justifie la mise en place de ce dispositif par la nécessité de « concilier la liberté de manifester avec les exigences de la tranquillité et d’ordre public. » Elle ajoute que « toute manifestation sur la voie publique doit faire l’objet d’une déclaration qui précise le nom du ou des organisateurs ainsi que le parcours emprunté. » Les organisateurs du rassemblement de samedi sont donc invités à faire les démarches qui s’imposent auprès des services administratifs, sous peine de tomber sous le coup de la loi et d’être passible de « six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. »
À la suite de la manifestation du week-end dernier –le dixième consécutif – certains commerçants affirment avoir perdu jusqu’à 40% de leur chiffre d’affaires. c’est en ce sens que L’association des commercants rennais a écrit au ministre de l’Intérieur afin de lui demander « de restaurer l’ordre ». Un autre courrier, réclament des aides financières urgentes, a été adressé à Bercy.

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